Les deux copies du gène sont touchées
Votre enzyme digestive fonctionne à environ 65 % de sa capacité normale. C'est un déficit significatif, mais stable et prévisible - ce qui rend la prise en charge plus directe.
Diarrhées après les repas, ballonnements, urgences - et pourtant le SII ne répond pas au traitement. Pour certaines personnes, il existe une cause précise et identifiable : une enzyme digestive qui fonctionne moins bien à cause d'une variation génétique, le variant p.V15F. Une étude clinique menée sur près de 1 900 patients a confirmé son rôle dans les diarrhées chroniques inexpliquées. Le bon régime alimentaire - pas le FODMAP, mais le régime SSRD - peut transformer la situation. Je suis l'un des rares diététiciens formés à cette prise en charge.
Prendre rendez-vousSi vous cochez plusieurs de ces cases, le variant p.V15F mérite d'être exploré - même sans test génétique pour l'instant.
En parler en consultationDans votre intestin grêle, une enzyme s'appelle la sucrase-isomaltase. Son rôle : décomposer le sucre de table (saccharose) et une partie des féculents (amidon) en molécules assez petites pour être absorbées dans le sang. Chez les porteurs du variant p.V15F, cette enzyme est moins bien fixée à la paroi intestinale - ce qui signifie qu'il y en a moins disponible qu'il ne le faudrait. Les mesures en laboratoire montrent une réduction de 35 % de son activité.
Concrètement : une partie du sucre et de l'amidon que vous ingérez n'est pas digérée. Ces glucides arrivent non transformés dans le côlon, où les bactéries intestinales s'en chargent à votre place - en fermentant. Cette fermentation produit des gaz, retient de l'eau dans l'intestin et déclenche les crampes, les ballonnements et les diarrhées que vous connaissez.
Ce n'est pas une intolérance alimentaire ordinaire. C'est une variation génétique héritée, présente depuis la naissance, qui affecte directement une enzyme digestive clé. Elle ne se voit pas sur une prise de sang standard, ni sur une coloscopie. La seule façon de la confirmer est un test génétique ciblé - ou un test fonctionnel au sucre (voir plus bas). Beaucoup de porteurs ont attendu des années avant qu'on cherche dans cette direction.
Chaque gène, vous en avez deux copies - une héritée de votre mère, une de votre père. Le variant p.V15F peut être présent sur une seule copie ou sur les deux. Cette différence a un impact direct sur l'intensité de vos symptômes et sur la façon dont vous répondrez au régime.
Votre enzyme digestive fonctionne à environ 65 % de sa capacité normale. C'est un déficit significatif, mais stable et prévisible - ce qui rend la prise en charge plus directe.
La deuxième mutation, plus sévère, empêche même la version p.V15F de fonctionner correctement. L'enzyme tombe à 25 % de sa capacité - soit une perte de 75 % de la fonction digestive pour le sucre et l'amidon.
L'amidon est aussi un déclencheur - pas seulement le sucre. Une étude menée sur près de 1 400 personnes a montré que les porteurs du variant p.V15F qui consomment beaucoup d'amidon ont plus de symptômes - et qu'on retrouve dans leurs selles davantage de bactéries fermentant l'amidon. Autrement dit, même si vous évitez le sucre mais que vous mangez beaucoup de pain, de riz ou de pâtes, vos symptômes peuvent persister. C'est pourquoi le régime SSRD cible les deux, pas seulement le sucre. (Gut, 2019)
Les symptômes du variant p.V15F ressemblent exactement à ceux du côlon irritable. Pas de marqueur sanguin, pas d'image anormale - les examens standard ne voient rien. C'est pour ça que le diagnostic prend en moyenne plusieurs années.
Le piège du régime FODMAP : une fois diagnostiqués « côlon irritable », beaucoup de patients reçoivent le régime FODMAP. C'est une approche valide pour le SII classique - mais deux études publiées dans la revue Gut (2020) ont montré que les porteurs de variants du gène de la sucrase-isomaltase y répondent nettement moins bien que les autres. La raison est simple : le régime FODMAP n'interdit pas le sucre ni les féculents. Or, c'est précisément ce que ces patients ne digèrent pas correctement. Résultat : on suit le régime scrupuleusement et on continue à souffrir, sans comprendre pourquoi.
Le régime SSRD (en français : régime pauvre en sucre et en amidon) repose sur une idée simple - si votre corps ne digère pas bien le sucre et les féculents, il faut réduire précisément ces deux familles d'aliments, pas l'ensemble des glucides.
En pratique, cela signifie éviter ou réduire : le sucre ajouté sous toutes ses formes (sodas, biscuits, confiseries, confitures, miel), le pain blanc, les pâtes, le riz blanc, les pommes de terre et les céréales raffinées. En revanche, vous pouvez continuer à manger : viandes, poissons, œufs, fromages, légumes verts, fruits à coque, fruits peu sucrés, légumineuses bien cuites et produits laitiers nature. Ce n'est pas un régime de restriction totale - c'est un régime ciblé sur vos vrais déclencheurs.
Ce que les études montrent : une étude randomisée menée en 2024 sur 155 patients avec diarrhée chronique a comparé le régime SSRD au régime FODMAP. Résultat : les deux sont aussi efficaces l'un que l'autre pour l'ensemble des patients - mais chez ceux qui portent une variation du gène de la sucrase-isomaltase, tous se sont améliorés avec le SSRD, dès les deux premières semaines. À six mois, les patients qui avaient continué le SSRD restaient asymptomatiques - et beaucoup trouvaient ce régime plus simple à tenir dans la durée que le FODMAP (Zamfir-Taranu et al., Gut, 2024).
Le protocole se déroule sur 4 mois, en 5 consultations en visioconférence. L'objectif n'est pas juste de vous donner une liste d'aliments à éviter - c'est de comprendre précisément ce que votre corps tolère, de réintroduire progressivement ce qui est possible, et d'arriver à une alimentation variée et stable que vous gérez vous-même.
On analyse ensemble votre alimentation habituelle et on cartographie vos symptômes : quels aliments les déclenchent, à quelle dose, avec quel délai. Si vous n'avez pas encore fait de test génétique ou de test au sucre (Sucrose Challenge Test), on prépare ensemble leur mise en place avec votre médecin - pour avoir une base solide avant de tout changer.
On met en place le régime SSRD - adapté à votre profil génétique. Si vous êtes porteur des deux côtés, la restriction est généralement moins stricte et l'amélioration vient vite. Si vous avez aussi une deuxième mutation, on va plus progressivement. Puis on réintroduit 10 aliments tests, un par un, pour savoir exactement ce que vous tolérez et à quelle quantité.
On assemble ce qu'on a appris : vos seuils de tolérance, vos préférences, vos contraintes de vie. On travaille des stratégies concrètes pour les repas à l'extérieur, les voyages, les repas en famille. Les études montrent que les patients qui réussissent à long terme sont ceux qui ont des règles simples - pas des listes interminables d'aliments interdits.
À ce stade, vous avez les outils pour gérer votre alimentation vous-même. Les consultations de suivi s'espacent - elles servent à ajuster si votre vie change (déménagement, grossesse, reprise du sport), ou à réintroduire le Starchway si votre médecin le prescrit. L'objectif est que vous n'ayez plus besoin d'un suivi régulier.
Que vous ayez déjà un test génétique, que vous soyez en pleine errance diagnostique, ou que vous vouliez simplement en savoir plus - la première consultation sert à comprendre votre situation et à voir si ce protocole est fait pour vous.
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Deux signes évocateurs : vos symptômes surviennent systématiquement après des repas riches en sucre ou en féculents (pain, pâtes, riz, sucreries), et vous n'avez pas ou peu répondu au régime FODMAP. Si c'est votre cas, il vaut la peine d'explorer la piste génétique. Le test génétique est prescrit par un médecin (généraliste ou gastro-entérologue). En amont, un Sucrose Challenge Test - un simple test avec une boisson sucrée et une mesure de glycémie - peut déjà donner des indices avant même d'avoir les résultats génétiques.
Le régime FODMAP cible un type de glucides fermentescibles présents dans certains légumes, légumineuses, produits laitiers et fruits - mais il autorise le sucre de table et ne restreint pas vraiment les féculents. Or, si vous portez le variant p.V15F, c'est précisément le sucre et l'amidon que votre corps ne digère pas bien. On a donc retiré des aliments qui n'étaient pas vos vrais déclencheurs, tout en laissant ceux qui l'étaient. Deux études publiées dans la revue médicale Gut (2020) ont confirmé ce phénomène : les porteurs de variants du gène de la sucrase-isomaltase répondent significativement moins bien au FODMAP que les autres.
Non - et c'est justement l'objet du protocole. L'objectif n'est pas de vous interdire définitivement des catégories entières d'aliments, mais de trouver votre seuil de tolérance individuel. La plupart des porteurs du variant peuvent manger une certaine quantité de féculents et tolérer de petites doses de sucre sans déclencher de symptômes. Ce que vous ne pouvez pas faire, c'est manger sans y prêter attention comme avant. Mais après 4 mois de protocole, beaucoup de patients ont une alimentation variée et savoureuse - ils savent juste où sont leurs limites.
Malheureusement non - pour deux raisons. D'abord, le Starchway (sacrosidase) aide uniquement à digérer le sucre de table ; il ne fait rien pour l'amidon. Si vous avez aussi une intolérance aux féculents, vous continuerez à avoir des symptômes en mangeant du pain, des pâtes ou du riz, même avec le Starchway. Ensuite, il ne compense qu'une partie du déficit - ce n'est pas une enzyme à plein effet. Il est très utile comme complément souple dans la vie quotidienne (repas au restaurant, occasions spéciales), mais il ne remplace pas l'adaptation alimentaire.
Le protocole s'étend sur 4 mois environ, avec 5 consultations en visioconférence : une consultation initiale, puis des consultations de suivi à 2, 6, 10 et 16 semaines environ. Les premières consultations sont plus rapprochées (surtout pendant la phase de réintroduction), puis elles s'espacent progressivement. À l'issue du protocole, la plupart des patients n'ont besoin que d'un suivi occasionnel.
De nombreuses mutuelles remboursent les consultations chez un diététicien diplômé. Je suis inscrit au RPPS (10111566450), ce qui permet une prise en charge selon votre contrat. Une facture vous est systématiquement fournie pour vos démarches de remboursement. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle sur le poste "diététicien" ou "nutrition".